C’est de la traditionnelle production animale dans le Bregenzerwald,
divisée en trois étapes saisonnières, que provient le
« Vorsäß », un domaine d’alpage situé à près de 1000 m d’altitude,
qui, deux fois par an, au printemps et à l’automne, est
colonisé pendant 4 à 5 semaines par les hommes et les bêtes.
Comme les paysans avaient autrefois dix bovins au maximum,
les cabanes du « Vorsäß » typiques étaient de petites dimensions
et équipées de manière spartiate, étant donné la durée
réduite du séjour. C’est justement cette réduction au stricte
nécessaire, qui confère à ces constructions leur singularité,
ainsi que leur atmosphère rigoureuse, peu encombrée et proche
de la nature, ce qui en fait de nos jours des maisons de
vacances appréciées.
Lors de la construction sur un Vorsäss dans le Elma dans le
Mellental, il fallait recréer cette atmosphère si particulière.
Cela a été possible grâce à une construction en bois très conséquente,
à une minimisation des proportions de l’espace ainsi
qu’à une typologie de plan lapidaire, avec le poêle au centre.
La construction, sans isolant complémentaire, se compose
uniquement de madriers empilés, le toit est également en
planches massives. La maison s’attache formellement au style
traditionnel, mais offre aussi une interprétation nouvelle,
si l’on observe certains aspects et détails très modernes et au
goût du jour, en particulier les fenêtres coulissantes, les grandes
baies vitrées dans la salle de séjour, ou encore la grande
pièce ouverte.
La construction du rez-de-chaussée et du séjour est faite de
madriers verticaux, en bois « debout », pour empêcher le
« tassement », ce qui poserait un problème pour les fenêtres
coulissantes. Le premier étage, avec la chambre à coucher,
présente une construction horizontale à madriers empilés dont
l’assemblage en coin modernisé est réalisé en fraisage à commande
numérique d’une queue d’aronde invisible. Ainsi, les
madriers n’ont pas du être placés à mi-bois d’assemblage
comme dans la traditionnelle construction empilée, mais font
tout le tour du coin : il n’y a pas de bois de bout exposé aux
intempéries. On y a volontairement renoncé au « meilleur
confort d’entretien ». Il n’y a pas de vernis, ni d’autre finition,
pas de carrelage ou de revêtement de sol. Du faîte au meuble,
tout est fait ici de bois massif naturel de la région.
(Otto Kapfinger - wood works)